"Coke" & "Koke" et Compagnie

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"Coke" & "Koke" et Compagnie

Message  Elphège le Sam 23 Jan - 1:15

Coca-Cola et le Plagia.

La vulnérabilité de Coca-Cola tient d'abord au fait que son appellation provient de deux noms communs, qui ne peuvent donc être déposés. Seule leur association peut l'être. Deux méthodes vont donc être employées par les différents concurrents et imitateurs du géant rouge et blanc: certains vont viser le surnom (tel que le "Koke"), et d'autres, les noms communs (par exemple le fameux Pepsi-Cola, ou encore l'US-Cola).

En effet, les américains ont toujours eu tendance à faire l’abréviation de noms ou de choses trop longues à prononcer. C’est ainsi que le Coca-Cola s’est vu attribuer le petit surnom amical de « Coke », comme nous l'avons vu auparavant.
Soit dit en passant ce surnom n’est pas totalement anodin. Les premiers consommateurs de Coca-Cola s'accordaient à dire que la boisson était devenu leur drogue. Les effets des principes actifs rentrants dans la composition du produit étaient alors leur petit remontant.
« Coke » désignait non seulement le diminutif de Coca-Cola, mais aussi le mot cocaïne en argot américain. Ces premiers clients avaient donc l’habitude de demander leur « Coke ».

C’est d'ailleurs ce petit surnom qui va jouer un mauvais tour à la Coca-Cola Company. En 1909, un concurrent, plus malin que les autres, fait son apparition sur le marché des boissons à base de cola en créant… la « Koke Company of America ».
Il est probable que cette boisson ait été élaborée à partir de la formule initiale du Coca-Cola, car, rappelons le, Pemberton avait vendu sa formule à plusieurs reprises peu avant sa mort. La « Koke Company » était donc un sérieux concurrent.

Les consommateurs se retrouvaient alors souvent avec un verre de « Koke » au lieu de celui de « Coke » initialement demandé, à cause du trouble causée par la similitude des deux noms. Derrière les comptoires, la confusion régnait. Il fallait alors que la Coca-Cola Company réagisse. Elle multiplia les publicités encourageant les clients à commander leur soda préféré par son nom complet. Comme par exemple :
-En 1910 : "Les surnoms encouragent les imitations"
-En 1914 : "Demandez l’authentique par son nom complet."

Mais cela était insuffisant. En 1912, la Coca-Cola Company attaque la « Koke Company » pour concurrence déloyale. Elle obtient un premier jugement en sa faveur mais est déboutée en appel et se voit obligée d’amener l’affaire devant la Cour suprême des Etats-Unis.
Ce n’est qu’après 8 ans de procédure, en 1920, que la justice rend son jugement définitif. Elle annonçe que le mot « Coke » est une abréviation du mot « Coca-Cola » et que la « Koke Company » utilise le mot « Koke » pour faire passer son produit pour du Coca-Cola: la 3C a gain de cause.

Comme nous l'avons dis en introduction, d'autres concurrents de la 3C vont employer une stratégie différente et profitent de la vulnérabilité du nom de la marque rouge et blanche.

C'est d'abord le cas des entrepreneurs ayant racheté sa recette à Pemberton, comme par exemple le pharmacien James Mayfield. En effet, sa femme, Caroline Mayfield, va exploiter la publicité Coca-Cola pour vendre son propre produit "My-Coca", qu'elle prétend être "l'authentique formule du Coca-Cola", et qui arrive facilement à concurrencer le produit original en Alabama, son lieu de résidence.

Bien d'autres imitateurs vont profiter du succès de la boisson d'Atlanta, et introduire sur le marché national leur propre produit, avec un nom rappelant l'original. C'est pourquoi au début du 20e siècle, on peut trouver dans les verres américains des boissons telles que "Coco-Cola", "Africola", "Kola-Coca", "Candy-Cola", "Celery-Cola", "Coq a Cola", "Kiko Cola", "Ola-Cola" et bien d'autres encore !
Ces imitateurs imitent absolument tout, de l'écriture spencerienne à la publicité illustrée (par exemple le "Kola Champagne" montre une femme élégante assise devant un guéridon et buvant ce "reconstituant contre l'épuisement et la dyspepsie"). En 1916, un embouteilleur de Coca-Cola parle de 153 imitations présentes sur le marché. Un avocat alors engagé par la 3C signale même un cas nouveau par semaine.

Candler ne va pas réagir tout de suite, il pense sans doute que la contrefaçon disparaitra face à ce qu'il appelle le "Bulldozer publicitaire de la 3C". C'est en effet ce qui arrive a la plupart des contrefacteurs, comme le "Vera-Cola". Toutefois, certains, à l'image de Caroline Mayfield (qui arrivera à vendre son "My-Coca" jusque dans les années 1920), résisteront et causeront quelques difficultés au développement de la firme d'Atlanta.

Simplement, pour la 3C, pas de temps à perdre avec ces imitateurs qu'elle qualifie "de ridicules". Elle mise donc sur un un jeune avocat fraîchement sortit de la Columbia Law School, Harold Hirsch, qui va se charger de poursuivre, impitoyablement, tous les contrefacteurs.
Alors seulement âgé de 22 ans, il créé des brigades d'enquêteurs qui descendent dans les Soda Fountains et se livrent à des analyses chimiques des boissons imitatrices. En 1915, il met en place un "Investigation Department" (littéralement un "Département d'enquête") au siège de la 3C, et en 1923, il fait publier un code de loi et d'éthique Coca-Cola, de plus de 650 pages. C'est d'ailleurs lui qui attaque en justice la "Koke Company" et "Pepsi Cola".

La Coca-Cola Company peut alors continuer à développer l'immense empire auquel elle est en train de donner naissance, et sait de toute façon que rien ne peut arrêter l'engouement phénoménal des américains pour le Coca-Cola, le vrai, qui s'impose comme nous l'avons vu comme "boisson nationale".

Elphège
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