Coca-Cola : difficultés.

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Coca-Cola : difficultés.

Message  Naïm le Mer 27 Jan - 20:09

Coca-Cola, difficultés...

En plus des multiples problèmes rencontrés à cause des mouvements de tempérance, de son combat contre Pepsi-Cola et des nombreux autres plagias et imitations, la 3C doit encore faire face à d'autres problèmes. Que ce soient des difficultés culturelles, politiques, économiques ou sanitaires, le Coca-Cola, pour s'imposer, doit encore faire ses preuves.

Le cas Orangina:

Orangina n'est pour Coca-Cola qu'un petit concurrent local sur le marché français. Cette entreprise est montée par Léon Béton, un pied-noir, qui commercialise son produit en Algérie à partir de 1937. C'est en fait l'imitation d'une boisson espagnole. Il adopte, comme son futur concurrent, une bouteille originale, ventrue, qui rappelle en même temps le soleil et le fruit dont elle est issue : l'orange. Le succès est immédiat.

Cependant, la guerre civile faisant rage en Espagne, d'où vient le concentré d'orange, puis la seconde guerre mondiale interrompent sa production. Après guerre, c'est le petit-fils de Léon Béton, Jean Claude, qui reprend la production de l'Orangina. En 1951, il fonde la Compagnie Française des Produits Orangina (CFPO) et d'emblée lui donne une expansion considérable. En dix ans, la marque s'impose en France comme l'une des deux premières sur le marché des boissons gazéifiées.

Après la guerre d'Algérie, la CFPO s'installe à Marseille et continue son expansion en prenant comme slogan "Orangina, mieux qu'un soda". C'est aussi à cette époque que la publicité s'appuie sur la phrase "Secouez-moi".

En 1984, c'est le groupe Pernot-Ricard qui rachète l'entreprise et qui fait d'elle une multinationale : la petite bouteille ventrue est présente en Grande-Bretagne, en Malaisie, à Singapour, et même...aux Etats-Unis ! C'est d'ailleurs là qu'elle se présente comme : "boisson sudiste à la sensualité pulpeuse"... En 1977, Orangina conclue une alliance avec la Pepsi Company, qui voit là une opportunité de contrer le monopole de la 3C.

Cette fois c'en est trop pour le géant géorgien déjà aiguillonné par Pepsi et en mal de diversification. L'achat d'Orangina permettrait de faire d'une pierre deux coups : affaiblir son éternel rival et diversifier sa production. De plus Pepsi avait doublé sa part dans les ventes en France de soft-drinks entre 1992 et 1996.

L'offensive de la 3C commence par le rachat de la concession faite à l'entreprise Pernot-Ricard, quarante ans auparavant, pour l'embouteillage du Coca-Cola, mais cette manœuvre ne suffit pas et les dirigeants de l'entreprise vise de plus en plus sérieusement l'acquisition d'Orangina.

L'occasion va leur en être donnée par Pernot-Ricard, qui a peur de se faire distancer sur le marché mondial des boissons alcoolisées et qui à besoin, pour sa contre-attaque, de liquidités. Des tractations secrètes ont lieu pendant six mois entre les financiers des deux groupes mais une indiscrétion du Wall Street Journal les force à dévoiler la combine : le prix proposé par la 3C est de 3 milliards de dollars.

Toutefois, la PepsiCo et Orangina préparent une parade : sans faire grand bruit de l'affaire, elles informent le ministre de l'économie, Dominique Strauss-Kahn, de la proposition. Ce dernier saisit le Conseil de la concurrence le 17 mai 1997 : quatre mois plus tard, le conseil se déclare défavorable au rachat.

En effet, sans Orangina, les parts de la 3C dans le marché français des boissons gazeuses atteignent 60%, et avec Orangina, ce chiffre aurai grimpé à 70%. Le Conseil dénonce donc une position trop dominante de Coca-Cola sur le marché français. De plus, avec 4 sites d'embouteillage pour Orangina et 5 pour la 3C, les questions sociales ont aussi joué un rôle : un rachat aurai put entrainer des fermetures de sites. L'avocat de la 3C met également en avant des raisons nationalistes vis-à-vis de la décision du Conseil, dénonçant un certain "anti-américanisme" dans le verdict.

Cet échec de la 3C est assez important au niveau du marché européen. En effet, en 2001, Orangina est revendue au groupe britannique Cadbury Schweppes pour "seulement" 700 millions de dollars, et en 2006, à "Lion Capital & The Blackstone Group", qui fondent "Orangina Group". Cette entreprise devient rapidement numéro trois en Europe. Le revers subit par la 3C n'a pas été pour autant une victoire pour le groupe français racheté deux fois en moins de 10 ans.

Difficultés politiques et culturelles rencontrées (Communisme, indouisme)

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Suite difficultés...

Message  Naïm le Lun 1 Fév - 2:14

Suite difficultés...

URSS / Pepsi


Après-guerre, l'allié russe devient vite un ennemi mortel. Et si le Coca-Cola est rouge, il reste le représentant de LA puissance occidentale et capitaliste : les Etats-Unis. Cependant la boisson rend bien leur mépris aux communistes : en 1948, à la Convention des embouteilleurs de la 3C, une pancarte annonce : " Quand nous pensons communiste, nous pensons rideau de fer, mais quand ils pensent Coca-Cola, ils pensent démocratie ".

La 3C est réellement anti-soviétique : son président, Woodruff, entretient des liens très étroits avec les milieux conservateurs (c'est un proche de McCarthy, président des Etats-Unis de 1953 à 1960, et d'Eisenhower...). Son directeur des exportations entame une tournée mondiale en présentant le Coca-Cola comme un outil susceptible de "contenir" les rouges...

En 1959, Coca-Cola refuse même de participer à l'exposition américaine à Moscou. C'est une grave erreur commerciale : Pepsi prend sa place. C'est donc le jeune président (37 ans) de la PepsiCo, Donald Kendall, qui embarque avec Nixon pour le voyage en URSS.

A la chute de Staline, Krouchtchev organise la modernisation et l'occidentalisation de l'URSS et accepte donc volontiers l'implantation de Pepsi dans les "républiques" soviétiques. C'est à partir de ce moment que Pepsi développe son empire à l'Est, en Roumanie, en Pologne.

Makinsky, chargé de l'exportation du Coca-Cola en Europe, arrive bien à entrer en Bulgarie, mais les débouchés sont infiniment moins alléchants que ceux décrochés par PepsiCo. La répulsion de Woodruff pour le marché soviétique va causer un énorme manque à gagner pour la 3C qui ne réussira à s'implanter en URSS et à y dépasser Pepsi que dans les années 1990.

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